Bien que la région occupée actuellement par les Basques l'ait probablement été depuis l'âge de pierre, les premiers témoignages historiques ne remontent qu'à l'invasion romaine. Vers 75 av. J.-C., les Romains fondent la ville de Pampelune comme capitale régionale. À l'inverse des Basques des montagnes qui échappent au contrôle des Romains tout en tissant avec eux des liens commerciaux, ceux des plaines s'accommodent, semble-t-il, de la présence romaine.

Vers 830, est fondé le royaume de Navarre dont Pampelune devient la capitale. À l'origine, le royaume englobe l'actuelle Navarre, les trois provinces basques (Guipuzcoa, Vizcaya, Alava) et l'équivalent du département des Pyrénées-Atlantiques. Si le royaume de Navarre ne peut être appelé « royaume des Basques », il n'en demeure pas moins que les Basques en constituent le principal groupe ethnique.

Au cours du Moyen Âge, mariages et successions modifient les frontières de la Navarre et amputent celle-ci d'une partie de ses terres. Entre 1200 et 1332, les trois provinces basques sont annexées au royaume de Castille, avant que la Navarre elle-même ne soit divisée en 1515 : une partie est intégrée à la France (la Basse-Navarre) et l'autre à l'Espagne.

En Espagne, les Basques, et notamment ceux des provinces du même nom, bénéficient alors de lois particulières, appelées « fueros », qui s'appliquent à tous les aspects de la vie sociale et individuelle et dont le respect est contrôlé par des assemblées locales. Ainsi les Basques ne sont-ils, à proprement parler, sujets de la couronne qu'à titre collectif, et non à titre individuel. Dans les années 1800, une série de guerres civiles éclate en Espagne, les guerres carlistes. Deux factions s'opposent, l'une cherchant à préserver la structure juridique héritée du Moyen Age, l'autre souhaitant réformer l'Espagne sur le modèle de la Révolution française. Soucieux de conserver la part d'autonomie que leur confèrent les fueros, les Basques s'allient aux partisans de Charles V, mais en vain. À l'issue de ces conflits, de nombreux Basques quittent l'Espagne.

Sous Franco, la perte des fueros devint plus critique, car à ses yeux, un seul modèle prévaut : le modèle castillan. Le dictateur espagnol cherche à imposer de force l'intégration des différentes minorités linguistiques - Catalans, Galiciens et Basques - au prix de la disparition de leur langue respective. À la mort du général, le roi Juan Carlos et le parlement espagnol accordent aux provinces basques un statut d'autonomie : l'esprit qui présidait aux fueros se trouve ainsi partiellement rétabli.